Développement de cultivars de manioc supérieurs au Ghana par les agriculteurs et les scientifiques : le processus adopté, les résultats, les contributions et les rôles modifiés des différentes parties prenantes
Résumé : Un programme de sélection participative impliquant des agriculteurs de deux communautés ghanéennes et des chercheurs du CRI (Ghana) et de NRI (Royaume-Uni) pour développer des cultivars de manioc supérieurs est décrit. Les analyses de situation initiale des communautés ont indiqué que le manioc gagne en importance à la fois comme culture vivrière et de rente. La plupart des agriculteurs utilisaient des variétés locales de manioc ; les variétés modernes étaient à peine mentionnées. Les graines de 16 familles de demi-frères et sœurs obtenues à partir d'un bloc de croisement au Nigeria à l'Institut international d'agriculture tropicale ont été plantées dans un champ dans chaque communauté. Au cours du stade plantule et des générations clonales ultérieures, les accessions sélectionnées soit par les agriculteurs, soit par les scientifiques, ont été conservées pour la génération suivante. Ce processus de sélection a permis d'identifier 29 accessions supérieures parmi 1350 plantules d'origine. Les agriculteurs ont été relativement cohérents dans leur sélection d'une année à l'autre et leurs sélections correspondaient à leurs critères déclarés. L'homologation officielle des variétés nécessite des essais multilocaux et d'inspection supplémentaires ainsi que des analyses post-récolte, mais semble par ailleurs harmonieuse avec une approche de sélection participative ; notre implication précoce des agriculteurs peut faciliter une homologation rapide, un facteur important de rentabilité. Un atelier des parties prenantes a confirmé le besoin de marchés améliorés pour le manioc ; des enquêtes sur les marchés actuels et potentiels ont conduit à des essais sur le terrain avec des transformateurs de manioc. L'adoption d'une approche participative, avec des agriculteurs et des scientifiques assumant de nouveaux rôles et la décentralisation des activités, implique un transfert concomitant d'influence et de ressources.
J. A. Manu-Aduening1, R. I. Lamboll2, G. Ampong Mensah1, J. N. Lamptey1, E. Moïse1, A. A. Dankyi1 et R. W. Gibson2
1 Crops Research Institute, B.P. 3785, Kumasi, Ghana
2 Natural Resources Institute, University of Greenwich, Central Ave, Chatham Maritime, Kent, ME4 4TB, Royaume-Uni
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