Le Burkina Faso a mis à disposition deux variétés de niébé pour une meilleure nutrition des femmes et des enfants et pour augmenter le revenu des paysans.
Les deux variétés, IT99K-573-2-1 et IT98K-205-8 ont été développées par l’institut international de l’agriculture tropicale (IITA). La sélection des variétés a été menée de façon participative avec les paysans de la région du Centre et du Nord du Burkina Faso.
Les producteurs et les chercheurs ont sélectionné des variétés parmi tant d’autres après deux ans d’essais grâce au financement du Ministère japonais de l’Agriculture, de la Foret et de la Pêche (MAFF).
Les variétés sélectionnées ont une maturité précoce avec de hauts rendements et résistent au Striga, une mauvaise herbe parasitique qui limite le rendement du niébé.
« A l’opposé des variétés locales qui durent entre 80 et 90 jours, ces nouvelles variétés ne font que 60 jours pour arriver à maturité » selon le Dr Haruki Ishikawa, coordonnateur du projet IITA pour les variétés appropriées de niébé à courte durée pour le Burkina Faso (AVEC-BF).
Le niébé est une culture importante au Burkina Faso, en ce sens qu’il intervient dans l’alimentation, permet aux producteurs de se faire de l’argent et fournit du fourrage pour le bétail.
La plupart des variétés locales dans le pays enregistre un rendement situé entre 400kg et 600kg à l’hectare. « Mais les nouvelles variétés ont un rendement de 2170kg à l’hectare » selon Dr Ishikawa. Les producteurs préfèrent ces variétés pour leur rendement, leur couleur et leurs valeurs nutritives, et ont donné les noms suivants : yiis y andé pour IT99K-573-2-1, ce qui signifie une culture qui aide le producteurs à échapper de la honte que crée la faim et « Niizwe »pour la variété IT98K-205-8, ce qui signifie, une culture qui lutte contre la faim.
Le ministre burkinabè de la recherche scientifique et de l’innovation, Gnissa Isaïe Konate qui est aussi chercheur, a souligné que les qualités physiques des variétés telles que la couleur et la taille étaient remarquables et pourraient amener les producteurs de la région à être plus compétitifs. « Aussi, ces variétés aideront les producteurs à mieux s’adapter au changement climatique. A-t-il ajouté.
Le Dr Satoru Muranaka, chercheur au Centre International Japonais pour les Sciences Agricoles (JIRCAS) qui a initié le projet pendant qu’il travaillait pour l’IITA note que les variétés améliorées profitent beaucoup aux producteurs.
« En raison de leur vite maturité, ces nouvelles variétés aideront les producteurs à échapper aux effets de la sècheresse. Aussi, les producteurs ont maintenant une culture qu’ils peuvent récolter très tôt, consommer et vendre pour se faire de l’argent pendant que les autres récoltes sont toujours dans les champs. Ces revenus aideront les producteurs à payer les frais de scolarité de leurs enfants.
En outre, avec 20% de protéine, le niébé apporte une gr ande valeur nutritive et aide à lutter contre la malnutrition dans les communautés locales » a ajouté Dr Muranaka.
Dr Issa Drabo, un sélectionneur du niébé en partenariat avec l’INERA a expliqué plutard que la rapidité de la maturité des variétés signifie qu’elles peuvent se développer sans problème dans une région sèche avec une pluviométrie située entre 400mm et 800mm.
Le projet AVEC-BF est un projet de recherche pour le développement dont le but est de disséminer des variétés améliorées. Le projet élabore actuellement un nouveau système de vulgarisation pour le niébé qui combine sélection de variétés appropriées pour la région, le système semencier communautaire avec des activités d’écoles agricoles avec pour seul objectif d’améliorer l’accès des producteurs aux variétés et technologies améliorées.
L’ambassadeur du Japon au Burkina Faso, Son Excellence Tsutomu Sugiura a invité le projet à passer à une autre étape vu que des progrès significatifs ont été enregistrés en si peu de temps. « C’est le genre de projet qui mérite d’être soutenu pour lui permettre d’aller de l’avant. J’espère qu’il ne s’arrêtera pas à cette étape», a-t-il dit.
Pour plus d’information, contacter : Godwin Aster ; g.atser@cgiar.org
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